Mike Metz - écologie, agroécologie, permaculture, fermes urbaines

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 15 août 2012

Fermes urbaines : autant de différences entre l'Amérique et l'Europe ?

Lors de mes recherches pour accompagner ou mettre en oeuvre des projets tels que Herba Folia, Germinaissances, ou Alliance Terre et Environnement, une question a été et est encore souvent présente : comment faire en sorte que le maximum de personnes puissent devenir autonomes en France en terme d'alimentation ?

Après bien des rencontres, des échanges, quelques lectures, des expérimentations, je m'aperçois que l'Amérique du Nord et l'Europe ont beaucoup de points communs, et tellement de différences. Si l'Amérique du Nord est en avance sur la dette (encore une fois), c'est aussi le sous-continent qui a su le mieux anticiper son déclin. Au point que les habitants (courageux) des USA ont mis en oeuvre ici des jardins partagés très productifs, là des jardins potagers collectifs sur des toits.

Et ici ? Les hyper-urbains des grosses villes semblent rester cloîtrés dans leurs appartements. Et les gens des champs poursuivent leur chemin de vie ? Et pas que ... ?

Il y a aussi les innovateurs, les résistants au fatalisme. Ceux-là s'adaptent au changement, et augmentent leur aptitude autonomiste du point de vue alimentaire. Voilà là l'une des valeurs de la permaculture.

mercredi 20 juin 2012

permaculture et spiritualités

Dans de nombreux ouvrages, magazines, sites web et autres blogs, on peut lire depuis un an ou deux le mot "permaculture". Et alors qu'est-ce que la permaculture ?

Prenons la définition de Wikipédia (FR), à laquelle je vais apporter un commentaire conscient et positif, et quelques compléments systémiques.

La permaculture est la conception consciente d'éco-systèmes qui miment les modèles et les relations observés dans la nature, visant à obtenir une production suffisante pour satisfaire les besoins de l'humanité. La philosophie de la permaculture consiste à travailler avec la nature. Elle suit une éthique de base et donne des principes qui permettent une intégration harmonieuse des activités humaines au sein des écosystèmes plus larges.

En premier lieu, l'application de cette philosophie et ensemble de techniques issues de divers domaines à vocation écologiques permet donc de produire assez de nourriture pour que l'humanité vive avec dignité et suffisance.

Et plus largement, on peut considérer que toute conception ou modification d'un écosystème peut passer par une vision permaculturelle.

Pourtant, quelques uns décrient la permaculture, en l'associant à des phénomènes sectaires. Dommage. Quand on ne pratique pas, comment peut-on juger ? Surtout que l'approche permaculturelle ne mélange pas les pratiques écologiques, les phénomènes de parapsychologie, les croyances (qui sont de l'ordre de l'intime) et la dépendance financière. Ce sont des sphères tellement différentes. Mélanger le tout me semble totalement malsain. Je ne juge pas. Je constate avec humilité les aléas que créent les méconnaissances de mes prochains en matière de spiritualités. Respectons les choix de chacun, en toute ouverture et conscience.

J'invite celles ou ceux qui pensent que "permaculture" est synonyme de "secte", sans savoir ni expérimenter, revoient un peu leur copie. En cette période de changement, et de virage de civilisation, prenons un peu de recul, et regardons avec curiosité et envie les cheminements des autres.

A suivre...

lundi 16 avril 2012

permaculture humaine et sociale

Ces 2 semaines viennent de passer avec une grande dose de bonheur. L'honneur m'a été fait de pouvoir assister à un Permaculture Design Course (PDC) avec Bernard Alonso lui-même.

Dans cette formation, je pensais y découvrir uniquement des méthodes de culture, d'agriculture, de jardinage, de maraîchage... Nous étions dans une ferme en maraîchage avec une approche permaculturelle, cela aurait été plutôt logique. Et finalement pas que... Le PDC qu'anime Bernard est bien plus riche. On y aborde une notion fondamentale : les liens et les constructions sociales.

Petit rappel : la permaculture est une discipline systémique. Elle permet la conception, la planification et la réalisation de sociétés écologiquement soutenables, socialement équitables et économiquement viables. La permaculture est basée sur une éthique, dont découlent des principes et des techniques. Elle permet d'intégrer les activités humaines avec et dans les écosystèmes, existants ou recréés. Autrement dit, c'est une tentative de copier le fonctionnement de la Nature par l'Homme.

Nous avons donc pu expérimenter le travail en petites et plus larges équipes, au service d'un équilibre entre le fonctionnement de la nature et les besoins de l'Homme. Et que de découvertes et de bouleversements positifs chez certains stagiaires ! Une expérience à vivre pour tous les transitionneurs et les futurs permaculteurs !!

mercredi 27 avril 2011

Pourquoi s'alimenter sainement serait un luxe ?

Dans une réunion de travail récemment, j'ai eu l'occasion d'expérimenter mes positions militantes en faveur d'une alimentation de qualité, saine et la meilleure possible pour la santé.

Les plus grincheux qui ne savent rien, les réactionnaires de l'ancienne civilisation, les conservateurs en pantoufles, les néo-libéraux à oeillères, et toutes les autres personnes désinformées par des médias de masse trop bien pensants, vont me dire que j'ai tort et que cela ne sert à rien. Ils peuvent arrêter leur lecture à la fin de cette phrase, ou bien réfléchir à ce que j'écris.

Quant aux autres, plus ouverts d'esprit et de conscience, je les invite à aller lire l'ouvrage de Lylian Le Goff, qui écrit succintement ce qui peut être réalisé pour manger bien et bon pour la santé, et à peu de frais. Son ouvrage, au titre volontairement explicite et militant "Manger bio c'est pas du luxe" présente comment et pourquoi manger bio, avec des comparatifs financiers chiffrés.

Il montre dans son livre que manger bio c'est possible aussi en restauration collective et dans les cantines, et qu'en plus ça coute moins cher quand c'est bien réalisé. On ne parle pas dans ce livre de marketing ou de militantisme de bas étage : Lylian Le Goff est docteur en médecine, et il expérimente ce qu'il affirme.

Quelques joyeux et responsables opposants aux pensées alternatives sauront bien ne pas argumenter, et chercher à démonter en toute conscience que manger bio ça coute nécessairement plus cher que l'alimentation synthétique. Pourtant, le livre de Lylian Le Goff montre et explique que manger bien et bio est possible. Alors... Allez comprendre la folie de pensée des éco-sceptiques ?

Un livre de chevet à lire et relire plusieurs fois, pour faire en sorte que le monde change.

Car nous avons tous, chacun à notre niveau individuel, une part de Colibri à réaliser !

vendredi 25 mars 2011

Radiations, environnement et qualité de vie : restez indépendants !

Radiations : trust no one


Si on peut lire avec gourmandise les mesures de radioactivité quotidiennes dans l'environnement sur http://sws.irsn.fr/sws/mesure/index, force est aussi de constater finalement que ces informations ne veulent rien dire. Fukushima ou pas, nous ne sommes pas plus avancés pour savoir si un risque existe, ou pas avec les capteurs de l'IRSN.

Pourquoi ?
Jusqu'à présent, je pensais naïvement que ces capteurs étaient suffisants pour indiquer la qualité de l'air et de l'eau.
Or, si certains capteurs de l'IRSN sont toujours existants, ils ne mesurent que le rayonnement global, et pas l'activité volumique des différents radionucléides présents. Or c'est l'activité volumique qui permet d'évaluer le niveau de risque réel. De plus certains capteurs de l'IRSN ne fournissent plus aucune information, parfois depuis 5 ans, voire plus...

Black-out sur la contamination atmosphérique ?


Là c'est plus grave : il n'y a aucune transparence de la part des Etats membres du CTBTO. En France, c'est le CEA qui dispose de données très détaillées quant à la radioactivité dans l'air.
Dans le monde, ce sont 60 stations réparties qui fournissent au CTBTO les activités volumiques des radionucléides.

Heureusement, des organisations indépendantes et militantes oeuvrent à leur humble niveau pour la transparence, l'information, le contrôle et l'alerte citoyenne.
En France, on pourra toujours citer le CRIIRAD, qui est équipé dans le Sud-Est de 5 balises d'air.

Et les analyses réalisées depuis quelques jours ne montrent pas de contamination atmosphérique.
Tant mieux.

Affaire à suivre ?

Pour en savoir plus : rendez-vous sur le site web du CRIIRAD criirad.org

lundi 31 janvier 2011

Tout sauf des villes qui ne peuvent pas manger !

Dans un élan de folie à peine dissimulé, mon coach  conseiller d'affaires m'a dit il y a quelques semaines :
Mike, quel est pour toi le truc le plus dingue que tu aies à exprimer ?
Ma réponse fut hésitante (ce qui est rare et à souligner) :
Euh... ? ... les erreurs que les médias de masse véhiculent et les gens peu informés racontent à propos du bio ?

Et de reprendre :
- Non, quelque chose de plus fort, de plus ancré en toi, de plus profond, de plus incarné !
- Un truc encore plus dingue donc ?

- Oui
- Les gens ne croient pas aux énergies faibles, à ce qui n'est pas perçu par les 5 sens, ils ne croient pas qu'un arbre vivant peut réconforter et apporter un réel bien-être.
- Si tu veux. Et dans un registre d'intérêt général, plus terre à terre, plus quotidien, plus parlant pour tout le monde ?





- Une nouvelle qui passe inaperçue, et qui laisse les gens de marbre : les grandes villes en France ont moins d'une semaine d'autonomie alimentaire. Ce qui veut dire que s'il y a un blocus massif, ou un problème important dans les approvisionnements, la révolution montrera le bout de son nez. Et la famine avec.
- Voilà ! Peux-tu nous détailler cela ?

- C'est simple ! Avant 1940, l'exode rural avait déjà un peu débuté, et n'était pas aussi important qu'aujourd'hui. Avec la seconde guerre mondiale, il a fallu transformer les excédants guerriers (comme tous les produits chimiques qui avaient été produits). Il fallait également reconstruire la vieille Europe, sur le plan de l'urbanisme et au niveau agricole aussi. Les industries existantes ne pouvaient pas fermer du jour au lendemain, et il fallait relancer l'économie et nourrir des millions de personnes. La solution était devant les yeux des industriels, déjà avides alors de capitaux : transformer l'agriculture peu productiviste en un outil nourricier gigantesque. Autrement dit transformer les armes en "produits utiles" pour les champs (engrais, pesticides, etc.). De fait, les rendements agricoles ont augmenté à une vitesse vertigineuse. Les élus de l'époque de sont félicité de cette relance impressionnante. C'était sans compter que les besoins allaient -après la reconstruction et après cette relance- décroitre. Alors les chimiquiers sont devenus semenciers, et pour protéger leur commerce lucratif ils ont brevetés leurs semences. Avec cette démarche, les industries de la chimie de synthèse vendent aussi des semences génétiquement modifiées. Les semences modifiées ont besoin de produits chimiques, sinon leur rendement est mauvais. Ce qui permet de rendre la paysannerie totalement dépendante de quelques grands chimiquiers, sous couvert de nous dire qu'ils participent au bien-être mondial, et à la lutte contre la faim dans le monde.
- Pourtant, grâce à cette agriculture, tout le monde peut manger mieux et à sa faim ?
- C'est ce qu'on te dit, pas ce que les gens vivent. Les produits chimiques qui tuent les "nuisibles" (insectes, champignons, ...) et le sol coutent cher, et la politique européenne subventionne l'agriculture dite "conventionnelle". Sans doute pour aider les paysans à acheter les fameux produits.
Si les produits appelés "phytosanitaires" sont si bons pour faire pousser les fruits et légumes vendus dans la grande consommation, pourquoi certains paysans qui ne peuvent plus cultiver leurs terres se suicident-ils avec leurs propres produits phytosanitaires ? Si ces produits sont innofensifs pour la santé, pourquoi les paysans qui les utilisent portent masques et combinaisons, au risque sinon d'attrapper des maladies graves voire de mourir ?
- ...
- pourtant les fruits et légumes issus de ces productions sont vendus dans le commerce, avec des concentrations élevées de ces fameux produits. Au passage, cela fait quelques années déjà qu'il a été démontré que ces produits chimiques sont nocifs, délétères et qu'ils provoquent des maladies graves. Récemment, on a aussi parlé qu'ils provoquent des cancers !...
- ... et quel est le rapport avec ce cri qui te vient de l'intérieur ?
- C'est simple : on multiplie les liens de dépendances, on prive les citoyens citadins d'une liberté : dans un pays "riche" comme la France on prive l'habitant des villes de manger avec dignité des aliments sains. En ville, présentée comme l'eldorado jusqu'à la fin du 20è siècle, il n'est pas possible d'être autonome ni de choisir des aliments sains. En ville, on doit aller acheter ses fruits et légumes dans des hypermarchés, qui les ont acheté à une centrale, qui est passé par un grossiste, qui a acheté ses produits sur un MIN comme celui de Rungis, les produits achetés sur le MIN ayant été négociés avec des coopératives de paysans qui vendent à perte.
- Ce que tu traduis là n'est pas la réalité, c'est une interprétation de ta part.
- Oui c'est une lecture possible de la réalité. C'est ma lecture. Et multiplier les intermédiaires, pour faire gonfler artificiellement le prix des aliments, et dire ensuite que telle ou telle enseigne diffuse à prix cassés ses produits, c'est encore plus dingue. Au final, c'est souvent le paysan, qui est à l'autre bout de la chaîne, qui trinque.
- Et tu proposes quoi concrètement donc ?
- Justement, j'allais y venir. Pour restaurer une autonomie alimentaire aux peuples des villes, il faut leur laisser un accès à la terre. Car seule la terre permet de faire pousser sereinement les végétaux dont nous avons tous besoin. Pas de terre, pas d'aliments. Or, en ville, malgré toutes les couches de béton et d'asphalte, il existe des zones où l'on peut rétablir des cultures hyperlocales  : les balcons, les toits, les cours, les bordures de fenêtres, et même les intérieurs des appartements peuvent permettre de faire pousser des fruits et légumes. On y fait bien pousser des plantes exotiques ! La première étape est à mon avis de donner à nos concitoyens la capacité à faire pousser facilement de quoi se nourrir et aussi de quoi décorer son intérieur avec d'autres plantes que les exotiques proposées en grande distribution.
- Soit. Donc tu proposes de quoi manger facilement en ville, sans avoir à aller dans un grand magasin, et sans sortir de la ville ?
- Oui, en quelque sorte.

Et mon coach de reprendre encore :
- et que fais-tu des AMAP, des paysans qui vendent en direct, des coopératives bio, des magasins bio, de toutes ces entreprises intermédiaires qui vivent grâce à ce système industriel ?
- Ca vient en complément. Chacun doit pouvoir trouver pour lui-même ce qu'il lui convient. Pour citer l'un de mes guides à agir, Pierre Rabhi, je dirai en toute simplicité que je ne partage pas l'idée selon laquelle l'économie de marché à sorti le monde de la précarité. Je suis témoin du contraire.

- Merci Mike, et quelles sont tes prochaines étapes pour aider tes concitoyens ?
- On en reparle dans quelques jours ?



crédits photos :
- http://www.flickr.com/photos/szkolodziej
- http://www.flickr.com/photos/tremeglan
- Pierre Rabhi

lundi 17 janvier 2011

Germinaissances - acte 1

En 1996 : premier virage avec des associations du Val de Marne et des Hauts de Seine. Aux heures où certains finissaient les cours, j'étais déjà ailleurs, à construire les plans d'actions locaux d'associations qui faisaient vraiment dans le travail social.

Quelques 14 années plus tard, entre les contrats courts et les clients qui ont eu le temps de réfléchir, j'ai aussi parcouru le chemin utile pour arriver à un changement personnel de fond.

Tada ! Nous voici donc arrivés à la création de Germinaissances, un ovni qui propose des produits réellement porteurs de vie et de sens, au service des sociétés humaines. Ouh là ! Rien que ça ? Oui, pour l'instant je vais l'écrire comme cela. Si je dois corriger, ça sera fait ici.



Quelques mots-clés pour définir ce qu'est Germinaissances, et afin de reprendre et compléter ce que j'avais publié rapidement sur le fil Twitter de Germinaissances :
  • transparence et engagement,
  • liberté et ouverture,
  • semences et graines,
  • agro-écologie,
  • jardinage en ville, tissu social,
  • sobriété joyeuse et simplicité volontaire,
  • local et utile,
  • accessible et facile,
  • bas-prix, anti-conso,
  • durable, no-impact,
  • très bas carbone,
  • post-pétrole,
  • nouvelle civilisation. Ouf.

Laurence (Aboneobio) a très gentiment publié sur son blog une interview (longue et détaillée, c'est important pour comprendre), je ne vais donc pas revenir dessus.

Et où cela nous mène-t-il ?

A des produits qui sont chargés d'énergie et de vie, et qui savent embellir le quotidien, aussi bien qu'à vous nourrir ! Puisqu'on trouve au catalogue (en évolution permanente, comme son écosystème) : des variétés ornementales, des espèces potagères, des plantes médicinales et aromatiques, des fleurs sauvages, des couleurs riches et exotiques, des arbustes et arbres tropicaux.

Je fais des photos des motifs à graines qui ont déjà germés avec la lumière de plus en plus belle de cette nouvelle année, et vous montre tout ça très vite !

Si vous avez envie de décorer votre intérieur, et que la dimension végétale vous parle, pensez à faire un tour sur http://www.germinaissances.com !

Les voeux des éco-informateurs

Le réseau des éco-informateurs vous souhaite une belle et douce année 2011 !


En 2011 suivez le fil...des éco-informateurs! Agriculture biologique, éco-conception, éco-habitat, écologie, environnement, recyclage, mode éthique, développement durable, consommation responsable… Bref les sujets ne manqueront pas cette année.

Pour rappel, les éco-informateurs est un réseau d’échanges et de réflexion informel né à l’initiative d’Anne-Sophie, fondatrice d’Ecolo-Info, et soutenu par une poignée de bloggeurs.

Alimentation

Commerce équitable

Consommation responsable

Eco-habitat

Environnement

Finance et économie

Média & communication

Mode responsable

Rejoignez les éco-informateurs à votre tour !


  • faites vous connaître : répondez au questionnaire http://bit.ly/aRfIVU et rejoignez la liste
  • faites passer le message : participez au recrutement de nouveaux pollinisateurs d’idées vertes – au sein de votre organisation, vos partenaires, vos groupes de travail, vos parties prenantes, etc.
  • partagez : la qualité de la communauté repose sur votre capacité à demander de l’aide et à en donner
  • discernez : nous sommes tous très occupés et submergés d’emails. Merci de n’envoyer ici que des informations liées aux sujets d’intérêt pour un large public. Il ne s’agit pas de promouvoir sa propre organisation, mais d’apporter des informations d’intérêt pour l’ensemble de la communauté

A très bientôt !

Mike

(merci à Jean-Marc de Marron Rouge pour la création de cette carte !).

jeudi 6 janvier 2011

Le gouvernement fait-il les poches des paysans bio ?

Les paysans avancent, le gouvernement recule, comment veux-tu, comment veux-tu  ?
Et pourtant... les paysans bio ont reçu leur compte à la fin de l'année ! Une vulgarité à peine masquée pour attribuer un CARTON ROUGE à une mesure qui est passée inaperçue ! Noël et les fêtes de fin d'année auront été une occasion rêvée pour faire passer un amendement prévoyant une réduction de 50% du crédit d'impôt aux agriculteurs convertis au bio.

Désormais, ce crédit d'impôt ne pourra excéder 2000 euros, au lieu de 4000 jusque-là ! Il faut savoir que ce crédit d'impôt constitue pourtant l'unique dispositif d'aide pour les petites exploitations biologiques !

credit impot agriculture bio

Une décision en parfaite contradiction avec les engagements du Grenelle de l'environnement

La loi Grenelle prévoit dans son article 31 de “favoriser la production et la structuration de cette filière pour que la surface agricole utile en agriculture biologique atteigne 6% en 2012 et 20% en 2020.”
Avec un peu plus de 2% des surfaces agricoles en bio en 2010 selon les derniers chiffres, la France reste la lanterne rouge de l'agriculture bio européenne.

"Je ne convertis plus rien au bio"

Le quotidien Libération a publié cette semaine le témoignage d'un agriculteur en conversion bio qui a décidé de ne plus rien convertir...
«Je ne convertis plus rien en bio» ! Pour cet agriculteur francilien, l'avenir de son exploitation est en suspens ! Depuis deux ans, il a fait passer 50 de ses 238 hectares, situés sur le plateau de Saclay en Essonne, en agriculture biologique. Et comptait convertir la totalité de ses terres. «Mais on ne peut pas piloter à vue, sans savoir quelles aides on recevra l'année prochaine... Pour l'instant, je ne convertis rien de plus en bio.»

Si cet agriculteur n'a guère de souci à se faire (l'essentiel de ses aides finacières viennent des aides aux surfaces), il fait remarquer à juste titre que l'instabilité des décisions gouvernementales posent problème.

Un véritable recul qui risque de faire hésiter les agriculteurs qui se posent encore la question de la conversion ou qui étaient sur le point de se convertir au bio.

Les associations se révoltent
Des associations telles que  la Confédération paysanneNature et progrès et la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB), s'indignent également envers ce qu'elles estiment être «une mesure drastique à l'échelle des fermes» contre un «crédit d’impôt qui avait comme principal mérite de remettre un peu de justice dans l’attribution des aides, notamment parce qu’il ciblait surtout les petites structures qui n’en percevaient pas ou très peu.»
Pour la Fnab, quinze exploitations agricoles se convertissent au bio chaque jour en France. Une dynamique qui pourrait être divisée par deux avec ce nouvel amendement !

Le gouvernement persiste et signe

Si la mesure est passée inaperçu, la grogne des association s'est bien fait sentir, et le gouvernement a tenu à réaffirmer ses engagements pour l’agriculture biologique via un communiqué commun des ministères de l’Écologie et de l’Agriculture daté du 5 janvier 2011. Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet veulent rassurer en rappelant que les aides européennes et de l'État permettront d' "accompagner" la production biologique française. Ils ont souligné que la France bénéficiera d'une augmentation de 18% des aides de la PAC (Politique agricole commune) qui s'élèveront à 84 millions d'euros (conversion et maintien) en 2011 contre 71 millions en 2010.

L'agriculture biologique : une solution durable

Rappelons que l’agriculture biologique est une pratique moderne, propre, durable :
  • bénéfique pour notre environnement,
  • bénéfique pour notre santé
  • bénéfique pour la création d'emplois non délocalisables.
Casser une dynamique de développement encore fragile va inévitablement freiner la montée en puissance d'une chaîne vertueuse, capable de répondre aux défis actuels...

La demande de produits bio augmente, mais sans producteur, que faire ?

Les français veulent plus de produits bio et on est en droit de se demander ce qu'il va rester au marché Bio français pour s’approvisionner ? L’importation (la France importe déjà 40 % des produits bio consommés) ? Est-ce vraiment une solution souhaitable et pérenne ? En aucun cas !

Ne serait-il pas plus cohérent d’encourager la production biologique locale ?

Nature & Progrès, la Confédération Paysanne et la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique (FNAB) demandent vivement à ce que le Ministère de l’économie revoit sa copie, en accord avec les annonces du Grenelle !
Nous aussi !
eco informateurs


Article rédigé par Anne-Sophie et Nicolas des Eco-informateurs

Retrouvez cet article sur :

Ils en ont aussi parlé :


edit : concernant le cas de la grande exploitation francilienne en bio, l'illustration de la baisse du crédit d'impôt ne l'affecte pratiquement pas, car l'essentiel de ses aides bio viennent des aides aux surfaces, et a priori il n'en manque pas.

PS : je me fais l'écho tel quel de l'article qui résume très bien une situation que je considère comme injuste.

samedi 1 janvier 2011

Nouvelle année, nouveaux horizons ?

2010 a été une année riche d'événements. Je ne vais pas m'étendre sur l'intime, même si un 3e lutin est arrivé dans la famille, et c'est très bien.

Côté environnement, 2010 a été l'année de la biodiversité. Année décrétée par l'ONU. Youpi !

Je vais me livrer une fois n'est pas coutume à un exercice délicat : lier biodiversité et économie.

Soulignons donc au passage quelques anecdotes dont les médias de masse se sont peu gargarisés, et qui montrent l'importance économique que la biodiversité représente désormais. Le tout en quelques questions sans réelles réponses transparentes et simples.

L'ile se refait une beauté ?

Sur l'Ile Maurice tout d'abord, 50% des coraux ont disparu à cause du changement climatique. Des équipes scientifiques ont donc décidé de créer une barrière de récif artificielle, à base de coraux cultivés en bassins. Quid de la conservation d'une large biodiversité sur ces barrières de corail si seules quelques espèces cultivées sont réimplantées dans l'océan ? Rien ne semble évident. En trame de fond se présente cependant un enjeu important : conserver les flux de touristes. A hauteur d'1 milliard d'euro par an, le tourisme est la première source monétaire entrante sur Maurice.

Sans les coraux, les plages risquent d'être moins fréquentées ?

Pour 700 dollars de plus 

Dans les mers et océans chaudes ensuite. Le requin représente une mane financière gigantesque. A 700 dollars US le kilo d'aileron de requin, la pêche du requin devient folle. Or à force de pêcher de multiples espèces de requins, il s'avère que nombre d'entre elles sont en train de disparaître. Souvenez-vous que certains requins comme le grand requin blanc sont en bout de chaine alimentaire. S'ils disparaissent, quel sera alors le déséquilibre créé dans les océans ?


Vie 10 milliards, guerre 2000 : cherchez l'erreur 

Au Mozambique, une expédition botanique dont Pro-Natura a fait partie, s'est fixée comme objectifs de découvrir de nouvelles espèces (pas une ou deux, non ! plutôt quelques centaines de milliers). Financièrement, l'inventaire de la biodiversité n'intéresse personne. Avec moins de 10 milliards de dollars pour financer tous les travaux des scientifiques au niveau mondial, on est très loin des "investissements" que représentent les 2000 milliards de dollars US de la guerre en Irak.

Posons une question simple et naïve : qu'est-ce qui est le plus important, le pétrole ou la vie ?


Afrique du Sud : de l'énergie à n'importe quel prix 

Toujours dans des zones chaudes, enfin. En Afrique du Sud des officiels bien intentionnés ont décidé de faire disparaitre toutes les espèces et variétés vivantes qui ne sont pas locales. Et ca a commencé dès 2009. Pourquoi ?

Le "directeur" de cette guerre écologique dénommée "Buffelsjagt" répond que les arbres australiens implantés là pompent toute l'eau des rivières. Je vais jouer mon sale gosse de service : pourquoi ? C'est mal que les arbres se nourrissent d'eau ? Et là on n'obtient pas de réponse... Evidemment. Les adultes parlent de sujets sérieux, entre eux, et ne répondent pas aux nième "pourquoi ?" des gamins. Alors le sale gosse cherche et trouve des réponses tout seul, comme d'habitude.

Si ces géants australiens pompent autant d'eau, c'est parce qu'ils ont soif. Ce sont certainement des eucalyptus. Un eucalyptus peut pomper 800 litres d'eau par jour tout seul comme un grand (oui il y a des eucalyptus qui font jusqu'à 100 ou 150 mètres de haut). Ouh la la, c'est pas bien de boire autant. Alors on coupe... Pourquoi ? Ca fait des dizaines d'années qu'ils sont là, et personne jusqu'à maintenant en disait du mal.

Oui, et c'est sans compter sur l'intérêt économique de la chose. Les eucalyptus boivent l'eau de la rivière. Je remonte donc la rivière depuis Johannesburg (ca marche aussi depuis Pretoria) : on trouve la Crocodile River d'un côté (c'est beau comme nom, on se croirait dans Crocodile Dundee), et la Mokolo River de l'autre. Et alors ? Alors rien. Ce sont des rivières qui coulent tranquillement, alimentées par la Limpopo River depuis le Botswana. Ah oui au fait au passage Buffelsjagt c'est le nom d'une région au nord de l'Afrique du Sud, à la frontière avec le Botswana.

Alors pourquoi on coupe ? Les officiels affirment que les arbres pompent les nappes phréatiques. Ah ? Je pensais que les arbres s'alimentaient surtout avec l'eau de la vadose. Bon passons ce "détail de l'histoire racontée par des décideurs".

Je vais vous répondre simplement à cette question : si vous regardez la carte entre la Crocodile River et la Mokolo River on voit quoi ? De la forêt ? Oui. Et puis ? Une vieille centrale à charbon et une nouvelle centrale nucléaire aussi. Alors pour protéger les intérêts économiques, on coupe. En septembre 2010, on comptait déjà 800.000 hectares "traités" (Round Up inclus pour décimer les forêts). Ah oui, au fait, j'allais oublier : ces rivières là coulent en amont des grandes villes. CQFD.

Donc on coupe les arbres parce qu'on installe des centrales énergétiques ? Ou bien ? C'est pas moi qui le dit, ce sont les rapports de Eskom -l'équivalent d'EDF en Afrique du Sud-. A lire dans le communiqué du 9 avril 2010 d'Eskom (qui construit des pipelines pour pomper l'eau !), et dans les documents de travail du Ministère de l'eau sud africain à consulter notamment ici.

Selon les organisateurs de cette guerre écologique, c'est pour le bien des habitants. J'en doute un peu. Personnellement, de l'eau au goût du Round Up, j'aimerai pas trop en boire. Quand écologie rime avec protectionnisme économique, on n'est plus très loin de l'eugénisme ... :-s

Construire mieux avec moins

Avec ces quelques pratiques humaines loin des gros projecteurs, finalement, ca m'a encore fait plus réfléchir sur mes choix de vie, et sur ce que je devais en conclure pour la suite de mes activités.

Finalement, 2010 aura été une période utile et riche d'enseignements. Je vais citer dans le désordre :

  • le Réseau Environnement Santé a montré les liens directs entre l'état de l'environnement et l'état de santé chez l'humain.
  • Pierre Rabhi qui est un pyasan-philosophe qui m'inspire énormément depuis de nombreuses années, par son engagement clair pour une terre protégée et vivante, au service d'une sobriété joyeuse. Sous l'enseigne du Mouvement pour la Terre et l'Humanisme et des organisations soeurs, ca n'est pas un retour à la terre qui est prôné, plutôt une évolution logique vers des pratiques agro-écologiques.
  • les fondations comme Goodplanet, la Fondation de France ou la fondation Suez pour l'environnement sont utiles, cependant elles n'apportent pas de réponses à court terme pour celles et ceux de nos concitoyens qui survivent à cause des crises sociales et environnementales. Que leur reste-t-il pour tenter de vivre dignement : les AMAP, les Restos du Coeur... ?
  • A propos des hiérarchies, des modèles dominants-dominés, et des fédérations et organisations d'aides publiques. J'en ai fais de belles expériences, sans pour autant être convaincu qu'après le dernier krach boursier en date, et après le Grenelle de l'Environnement, des pratiques et du sens aient pris corps dans les grandes organisations.
  • Des bouleversements personnels, en lien avec l'intro de ce post et avec le Réseau Environnement Santé.
Des ces différentes trames, qu'en conclure ? Pour ma part, un point de convergence évident : la terre. De là à proposer une aide et une manière de rentrer en agro-écologie tout en douceur, il n'y avait qu'un pas à franchir.
Et en regardant l'Humain sur Terre, on admire très bien tout le travail réalisé depuis quelques dizaines d'années par les décideurs, afin de densifier les villes et industrialiser les sociétés humaines.
Dans ce contexte un peu fou et insensible, doit-on rester les bras croisés ?

En 2008, l'une des séances de coaching écolo* d'un client l'avait mené à conclure : " (...) quand je vois que les gens crèvent la dalle alors qu'on peut manger facilement en ville sain et local, ça me rend dingue (...) ".

Evidemment, je me suis souvenu et de ce client, et de ce qu'il est devenu depuis, et au final de ce que j'en fais aujourd'hui :
de l'agro-écologie urbaine accessible.
Le premier pas de cette voie agro-écologique urbaine passera donc par :
  • l'animation d'un réseau ouvert dénommé simplement Jardins Urbains,
  • une activité marchande à but pédagogique appelée Germinaissances.
J'en vais être à reparler de ces 2 là très prochainement.

* (spéciale dédicace à Damien, si tu passes par ici :-)

Sources :

  • France 24
  • Wikipedia
  • Eskom.co.za
  • Dwa.gov.za
  • Mondialisation.ca

mercredi 17 février 2010

Center Parcs rigole pas avec le développement durable

D'ailleurs, c'est presqu'écrit dans leur ADN, tellement c'est vrai !

Prenons une entreprise standard, genre Castorama. Elle vend des outils et des intrants chimiques pour la jardin. C'est pas vraiment une boite responsable, puisque ses "magasins" sont des entrepôts en métal tellement mal isolés que ca fait peur. Bref, mais passons... Et si je me trompe sur le sujet de Castorama, faut pas hésiter à corriger par commentaire interposé. Mais c'est pas son coeur de métier le développement durable. Bah ouais, Castorama leur métier c'est de vendre des outils et des clous, c'est tout. D'ailleurs, des clous et des nèfles aussi.

Par contre, Center Parcs c'est leur job le développement durable. Bah oui : un parc en pleine nature c'est durable ! D'ailleurs, la nature c'est durable. Pas besoin d'en faire des tonnes hein ? C'est naturel qu'un parc en plein nature soit durable. J'arrête là où tout le monde a compris ?

Non, vous ne saisissez pas où je veux en venir ? C'est normal.

Aujourd'hui, une personne bien sous tous rapports -elle s'occupe d'une grosse association environnementale française- m'a forwardé un email sympa, email qui fait la promo de Center Parcs et de sa politique de Développement Durable. Mais, car il y a un mais, la vidéo ne raconte pas grand chose, et le PDF "Infos DD Center Parcs" donne quelques billes de gomme arabique à mâcher pour les plus impatients.

Ce qui est drôle avec Center Parcs, c'est que le même jour les joyeux drilles de l'en dehors publient quelques informations qui vont plutôt contre les vertues sociales et financières du développement durable.

Alors ? Que comprendre de la stratégie de développement durable de Center Parcs ?

edit : en fait, la vidéo est maladroite et y'en a qui devraient media-trainer un peu plus avant de se faire shooter sur une vidéo amateur :-)
Idem côté L'En Dehors, ca manque de sources et d'infos recoupées... :-s décidément, on saura jamais qui croire sérieusement :-D

vous l'aurez noté, ce post est au 2nd degré ;-)

vendredi 16 octobre 2009

Ultimatum climatique : pour comprendre et agir

Pour rebondir sur le post écrit hier soir, je voulais souligner l'urgence liée à la mobilisation quotidienne. Jacques-Olivier du WWF a publié sur Planète Attitude une vidéo explicite. Je vous laisse la consulter :

http://www.planete-attitude.fr/video/lultimatum-climatique-1


jeudi 15 octobre 2009

Changement climatique : des actions concrètes, plus de discours

Il est 21h, je suis dans un TGV qui me ramène de Grenoble. Avant les discussions décisives de Copenhague, il reste environ 52 jours. Dans 52 jours la conférence sur le changement climatique sera lancée. Moi, nous, chacun de nos concitoyens, tous ensemble nous avons un devoir vis à vis de notre milieu de vie. Un devoir de respect du vivant sur Terre.

Depuis plusieurs mois des actions de sensibilisation autour de cette conférence se multiplient. Aujourd'hui j'ai rencontré quelques 40 décideurs et autres chefs d'entreprise. Une seule entreprise était engagée : elle propose à ses voisines de mettre en place pour elles du co-voiturage. J'ai écouté des discours parfois proches de la folie aveugle-sourde-muette tellement certains économistes regardent mais ne voient pas l'urgence qui nous lie aux crises systémiques, ces crises globales, cette crise globale, que nous vivons de plein fouet.

Nicolas Hulot en sortant son film documentaire "Le syndrome du Titanic" ouvre les yeux à celles et ceux qui ne sauraient pas. Maintenant ils ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas. A nous tous d'agir, de faire savoir, de remonter à nos chères têtes politiques des éléments de réponses viables à court terme afin de réduire notre empreinte écologique, et nos émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les agitateurs de sensibilisation qui existent sur Internet, je veux souligner la campagne TCK-TCK-TCK. Il s'agit de sonner l'alarme climatique, et réveiller les dirigeants du monde avant le sommet. 20 ONG sont autour de cette campagne.

>>>  A vous de signer leur pétition et appel à mobilisation générale.


Un seul but est défendu : faire en sorte que nous puissions avoir un milieu où la vie et l'être humain pourra garder son autonomie sans avoir à lutter contre ses propres actions délétaires. Il faut que les dirigeants de ce monde, soutenus par chaque terrien, prennent les décisions qui s’imposent et qui s'imposeront aux générations futures lors de la conférence de Copenhague.
Les décisions finales nous reviennent aussi : à nous tous, à chacun d'entre nous, de relever le défi qui s'impose aussi. Réduire, recycler, réutiliser, repenser : quelques verbes d'actions qui nous amèneront naturellement à une nouvelle civilisation. Celle de la rareté.

Belle et agréable journée à toutes et tous.

jeudi 18 juin 2009

Barroso part en vrille avec sa commission, 4.4/10 : le contre-pouvoir donne le LA

Barroso mal noté, l'agriculture européenne survit pour combien de temps ?

A seulement quelques mois de la fin de son mandat, la Commission de José Manuel Barroso s'est vue décerner, par le Green 10 -dix ONG environnementalistes europénnes-, une note de 4,4 / 10 pour son action environnementale sur les 5 années passées.

Pour ce qui touche aux questions de développement sur le territoire européen, nous pourrons souligner que :
- la note "agriculture" peine avec un 4/10
- "biodiversité et éco-systèmes" arrive péniblement à 4/10
- "santé" touche le 5/10

Dans les détails, le Green 10 (WWF, Greenpeace, Amis de la Terre, Bird Life, Climate Action Network, etc.) publie un rapport explicite et peu élogieux : http://green10.typepad.com/docs/G10assessment2004-9.pdf.
Le Green 10 y précise que, sur le plan agricole, je traduis : "malgré un démarrage prometteur, Fischer-Boel a adopté un positionnement classique centré sur une approche financière de la PAC". (sic...) et "Les questions européennes essentielles n'ont ainsi pas été prises en compte : pertes de biodiversité, changements climatiques, crises de l'eau et de la terre. Cela rend très incertains la productivité sur le long terme et la subsistance des écosystèmes agricoles." (re-sic...)

L'essentiel du rapport va dans ce sens.

La prochaine commission devra sans aucun doute faire mieux.
Le Green 10 louche de près sur la future Commission. JMB serait même candidat à sa propre succession. Il est demandé en synthèse et pour conclure sur une note optimiste : "un redoublement d'efforts pour mettre en place des politiques qui aient des impacts positifs sur l'environnement et la santé humaine, et permettant de créer une croissance économique et des emplois durables"

Rappel : Copenhague, The Last Step Before The Dark Wall, c'est dans 6 mois. Y aura-t-il une gouvernance mondiale responsable en matière d'environnement avant Copenhague ?
Question subsidiaire, volontairement acide : est-ce aux ONG de compenser les manquements des institutions européennes et financer les projets de développement agricoles soutenables ?




jeudi 26 mars 2009

ONG : des dons en situation de crise financière


Petit billet en mode commando pacifiste en réaction au comportements suicidaires de certaines ONG.

Je ne vise personne en particulier.


Petit rappel utile au passage : les cibles se souviennent mieux de la publicité après sa diffusion, plutôt qu'avant.
Pour un événement c'est pareil !!! Le plus gros de l'activité pour aller collecter des fonds, c'est rarement avant que ca se passe, sauf quand la réputation précède tellement l'événement que la promotion devient facultative.

Pour aller dans le sens de l'analogie de mauvais goût, les vendeurs de lessive n'ont pas besoin de faire de publicité pour vendre leur lessive -tout le monde a priori dans un Minority Report/1984/Brasil de bon goût achète sa lessive en GMS-, ils en ont besoin pour faire en sorte que leur produit sorte du lot au moment de l'acte d'achat.

Pour les ONG et associations, en occident, et auprès des populations Millenium et X, c'est différent. La tradition de la générosité judéo-chrétienne n'est pas aussi présente à l'esprit et dans les actes qu'avec les Silencieux, voire avec les Baby-boomers. Les Silencieux donnent parce que c'est ainsi, c'est normal, c'est la tradition, "nous avons été éduqués de la sorte et il ne saurait en être autrement". Les Baby-boomers sont une micro-génération de transition, parfois ils donnent, parfois pas, en fonction de leur imprégnation traditionnelle. Et tous les plus jeunes, X et Millenium ? Eux ont besoin qu'on leur prouve l'utilité du don, de l'engagement, sinon ils zappent. Ils ont grandit avec la télévision, ils ne donnent donc pas par générosité, ils donnent par proximité. La proximité avec les amis, les potes, la meute, meute qui a déjà donné à telle ou telle ONG "parce que c'est cool", "parce que le Sida ne passera pas par moi", "parce que nous sommes responsables de la trace que nous laissons sur cette planète".

Alors lorsque une association monte un événement pour gagner en visibilité, en notoriété, et in fine pour augmenter son développement des ressources -et sa collecte de fonds- il serait ridicule de penser que tout est fini à la minute qui suit le dit événement.

Est-ce que la lessive est vendue lorsque l'écran publicitaire est fini en TV ? Non, elle est vendue en rayon lorsque la marque Z revient à l'esprit du chaland au moment de l'acte d'achat.

Pour le donateur c'est sensiblement identique : le citoyen lambda donne lorsque l'effet mémoire de telle ou telle ONG est encore prégnant, c'est à dire juste après la masse publicitaire. En pub, on pourrait aussi résumer cela sous l'intitulé (encore) de la "longue traine". Longue traine = 80% de collecte en 20% de temps, parfois plus en moins de temps en cas de collecte de fonds associé à un gros événement TV, et le reste de la collecte en 1 à 3 semaines après le gros événement. Lorsque l'événement est un déclencheur de bouche à oreille, avec effet boule de neige orchestré et anticipé, cela s'appelle une opération réussie, sinon c'est un one-shot, qu'on retentera éventuellement chaque année, parce que si cela a marché une fois, alors pourquoi ne pas ré-essayer ??

Oui la mariée est belle, et elle est encore plus remarquable lorsqu'elle entre dans le lieu de cérémonie avec sa traine. Et ce dont tout le monde se souviendra c'est de sa traine, pas forcément de la broche diamants montée sur or 24 carats vue par les plus proches...

Je vous laisse à ces réflexions.

edit : la suite qui traitera de propositions de recettes pour contrebalancer les situations de crises (financière, environnement, alimentaire...) sera publiée dans quelques jours.

jeudi 19 mars 2009

agir pour le respect du vivant : les entreprises à l'action durable

Les Amis de la Terre Belgique, association écologiste bien connue, lance souvent des campagnes destinées à informer et communiquer. L'une d'entre elles m'a particulièrement questionné, non pas sur les pratiques écologiques, car je suis très avancé par rapport à la moyenne française, mais sur deux mécanismes :
1. qu'est-ce qui bloque mes concitoyens et qui fait qu'ils ne passent pas à l'action quotidienne soutenable ?
2. qu'est-ce qui bloque les chefs d'entreprises dans cette faible intention à passer à des stratégies durables ?

Cette campagne qui pousse à l'action durable, dont la vidéo est visible sur Youtube http://www.youtube.com/watch?v=c5RVix7vsnU n'est in fine pas qu'une n-ième campagne de communication. Ici on entre dans la sphère des campagnes de marketing social, ce qui est assez rare dans la sphère francophone pour être souligné.

Parmi les freins, on pourrait citer la méconnaissance évidente, mettant en doute en permanence en France l'innovation, le meilleur être, les tendances utiles, les actions d'intérêt général, sous le prétexte fallacieux que ca ne rapporte pas d'argent et que ca coute plus cher.

J'en veux pour preuve, l'ouvrage évident signé par le docteur Lilian Le Goff il y a 3 ans "Manger bio c'est pas du luxe" qui démontre, chiffres et comparatifs à l'appui, que se nourrir de manière saine et naturelle, avec des aliments biologiques, dans un autre modèle alimentaire, coûte moins cher que d'aller dans la Grande Distribution ! Quoi ? Oui madame Michu, je vous assure !! C'est totalement révolutionnaire !!!

Or là où ca fait mal, chapitre premier de la vie du futur écolo-converti, c'est qu'il faut oublier ses habitudes et se forcer à changer de philosophie de vie !

Et au niveau des chefs d'entreprise ? L'agence Limite, co-dirigée de main experte par le très bon Fred Bardeau, a publié ce jour le sujet que j'attends depuis des années : l'écoflation est en marche, ou comme il le titre lui-même si bien "l'écoflation : l'obligation de l'environnement pour sauver les profits". En résumé pour espérer continuer d'exister dans le secteur marchand, il faut réellement prendre en compte le développement durable dans sa stratégie et ses actions d'entreprises, et ce, à tous les niveaux.

Comme le décrivait si bien Hélène sur Rue89 en décembre 2008 : "Verdir son image pour coller à la mode, c’est une chose. Anticiper la crise écologique pour préserver les performances de l’entreprise est une autre paire de manche.". Fred nous résume cela avec brio : baisse des profits de 13% à 47% de 2013 à 2018 si rien n'est fait pour passer à l'action.

Vous voyez bien que la petite fille du clip a raison : les hommes en costumes doivent agir. Finalement, cette inversion des valeurs  tendrait-elle à montrer que les enfants et les adultes ne sont pas ceux que l'on croit être ?

mardi 17 mars 2009

Agenda for a Sustainable America - un nouveau livre à surveiller de près

"Soutenable" - "Sustainability", ou plutôt "durabilité" en bon français de France... (sic), un terme rapidement devenu courant aux Etats-Unis ! Et c'est tant mieux :-)

Les alertes publiques sur le changement climatique ont aidé à faire du développement durable un sujet majeur des débats publics. C'est aujourd'hui le sujet le plus traité -et qui grandit le plus vite- dans les quotidiens américains.

Cet ouvrage est une évaluation gloable du progrès américain en matière de développement durable, et une feuille de route des étapes nécessaires, jusqu'à parachever une Amérique totalement soutenable.

Présenté avec des faits, des exemples, et compilant les opinions nourries de 41 experts, ce livre nous sert un instantané lumineux des "Etats-Unis durables". Chaque contributeur propose clairement où nous, êtres humains, devons aller, avec 3 à 5 actions spécifiques que nous devons mettre en oeuvre dans les 5 années.

Le livre nous présente un agenda explicite que tous -citoyens, entreprises, ONG et leaders gouvernementaux- peuvent utiliser pour prendre leurs décisions aujourd'hui et afin de planifier leurs stratégies et pratiques à venir.

Le développement durable promet d'améliorer la qualité de vie des américains pour les années à venir. Agenda for a Sustainable America décrit ce que nous avons à faire pour passer de la promesse à la réalité.

Nous avons ici une évaluation de 28 secteurs d'activités chez les américains, incluant la gestion forestière, les transports, océans et estuaires, la religion et la gouvernance au niveau local et national. Dans chaque secteur, les contributeurs révèlent ce que le développement durable veut dire, avec des suggestions désirables et réalistes.

Les recommandations des experts montrent comment aller vers un meilleur-être, au social et à l'économique, tout en augmentant la sécurité, la protection et la restauration environnementale pour les générations présentes et futures.

Ensemble ils construisent un cas unique, qui démontre comment le développement durable peut augmenter nos opportunités et nos vies.

Bref, ca donne envie d'en lire un bout.

Pour commander le livre, c'est par ici : http://www.islandpress.org/bookstore/details.php?isbn=9781585761333

mercredi 11 mars 2009

de la cause environnementale et des produits bio

Comment casser une cause d'intérêt général ?

Plusieurs techniques existent, dont certains diront qu'il s'agit là de coopérations, et j'en conviens parfaitement.

Citons entre autre le lobbying entre industriels et parlementaires. Certes ce sont des collaborations. Car les parlementaires ne sont pas des experts en tout. Et pour légéférer il faut connaître et maîtriser. Or les parlementaires pourraient très bien consulter d'autres parties prenantes. Et c'est là que le bas commence à blesser.

Pour casser une question d'intérêt général, faire fondre les élans positifs, bref décridibiliser une cause, c’est tellement simple.

La recette ?

- d’abord, il faut parier sur la durée, créer des événements, majeurs ou mineurs, voire dillués dans le bruit ambiant, avec une dose de bruits de paillasson, et pourquoi pas un scandale sanitaire à la clé ?

- puis exploiter les mass-media, ceux qui sont preneurs d'une rumeur, et les autres, dispos pour jaser sur un sujet de société sans prendre de recul. On commence par la presse écrite, la TV (vous savez l'aspirateur à cerveaux disponibles ?), les radios... Et il nous faut une petite dose d'experts, des gros qui tâchent, des sommités, ou des inconnus. Seul compte le sous-titre : "directeur de..." ou "expert en .... auprès de la comission Machin".

De fil en aiguille, les émissions intelligentes de M6, Envoyé Spécial, voire mieux les programmes de France 5 ou d'Arte, nous servent une soupe parfois un peu indigeste, souvent à la limite de l'insuportable flagornerie vile et démente, les plus fréquemment sans prendre de recul et vérifier les informations technico-scientifiques citées (c'est un expert qui le dit, on ne va pas vérifier hein ??").

Très récemment donc, c'était au tour des cosmétiques bio d'en prendre une charge (de plombs). L'experte en cosmétiques interviewée, sommité parmi les références en la matière, nous explique avec calme et affirmation que les cosmétiques bio utilisent des conservateurs prohibés (ah bon ?), et que, quand bien même cela ne serait pas prohibé, les fabricants de cosmétiques bio utilisent massivement de l’alcool, alcool qui serait selon ce sujet ô combien édifiant un produit nocif pour notre joli derme. Passons sur le fait que d'autres composés bio, comme les huiles essentielles, provoquent des allergies. AAaaahhh... !! Cessez cela, messieurs les censeurs !!

Les journalistes nous emmmennent chez Weleda, pour apporter des preuves. On ne cite pas de marque, mais on la reconnait quand même ! Et là le tsunami mass-media commence à faire son effet, doucement et sûrement. Pour mémoire, chez Cattier, l’AFSSAPS avait "interdit" un produit, ce qui a permis d'imprimer dans la tête des consommateurs aux cerveaux disponibles : "les cosmétiques bio c'est caca". Point de trop en dire, les mots longs pour les cerveaux disponibles ca n'est pas compatible.

Avec quelques articles de presse bien sentis, et des reportages à la TV, on peut se poser une question : qui en veut à la peau de Roger Rabbit, c'est à dire plus prosaïquement "qui en veut aux produits bio" ?

Le bio c'est hype, c'est chic, le développement durable tout le monde en parle, personne ne sait vraiment ce que ca veut dire, le bio c'est trop tendance. Les dream-trendsetters vous le diront : la vague de fond verte a commencé en 2007, merci Sarkozy et le Grenelle -au passage, le Grenelle de l'Environnement ce sont les ONG qui ont lâché l'idée, pas Sarko-, elle va dévaster le marché conventionnel à partir de 2009. Pas de conneries messieurs-dames : on veut garder nos parts de marché et larguer les chimiques en Grande Distribution (oui madame, je mets des majuscules à la noblesse). Chacun veut sa part, avec du green-washing de mieux en mieux pensé. Regardez la liste que fait l'Observatoire Indépendant de la Publicité, et vous m'en direz des nouvelles.

Plus récemment encore, la firme à la pomme, qui fabrique des ordinateurs et des baladeurs blancs, a osé affirmer que son nouvel ordinateur portable est super vert... C'est le comble pour un fabricant que Greepeace a longtemps cassé, hop au fond du classement la pomme pourrie, car en tant que gros pollueur cette firme pouvait juste se taire, ca aurait permis quelques usages de cerveaux à valeurs ajoutées !

Et puis, il n'y a pas que les produits électroniques qui sont en jeu : chez les constructeurs de maison individuelle, tout pareil... Ca y est il aime sa planète, alors qu'avant il coulait des maisons en béton sans soucis. Une mini-feuille verte ajoutée à son logo, et hop la conscience passe du gris-béton au vert-espoir.

J'en connais plus d'un industriel que la bio saoule, dérange, gratte, perturbe, et qu'ils aimeraient voir passer à la trappe. Car ce qui est énervant chez les industriels conventionnels, c'est qu'ils veulent protéger leur pré carré, or leur pré n'a plus d'herbe depuis bien longtemps. Mesdames et messieurs les chimico-industriels, réfléchissez à votre stratégie de développement durable, au lieu de jalouser les petites réussites des marchands bios, chacun à sa manière doit faire grimper le marché vers le haut, non en concurrence et bien en complémentarité. :-)

Pour résumer, les produits bios ne sont pas plus dangeureux  que les produits chimiques, je dirai même l'inverse. Quelques études tendent globalement à montrer à court terme que les produits biologiques sont très bons. Quant au sujet du long terme, je vous laisse réfléchir de qui a le moins bon impact entre un produit chimique qui pollue rivières, terres et nappes phréatiques et mettra des centaines d'années à se dégrader, et un produit biologique qui se dégrade à courte échéance, c'est à dire en quelques mois.

Quoi qu'il en soit, citoyens et consommateurs, restez avertis, informez-vous, prenez du recul, recoupez les informations, là où les journalistes ne semblent pas très au point sur la consultation des parties prenantes ;-)

edit : Laurence d'Aboneobio a publié un billet sur ce sujet également : http://www.aboneobio.com/blog/?2009/03/18/1040-cosmetiques-bio-le-bonheur-est-il-dans-le-pot-droit-de-reponse-a-cosmebio-suite-au-reportage-envoye-special&cos=1

mercredi 18 février 2009

Ca bouge à l'ADEME, bienvenue à Philippe Van de Maele

Philippe Van de Maele vient d'être nommé officiellement à la tête de l'ADEME aujourd'hui mercredi 18 février 2009.

Rappelons que la nomination de Philippe est officieuse depuis plus de 10 jours... Ca n'est donc plus une surprise :-)

Le décret du 6 février 2009 désignait Philippe Van de Maele membre du conseil d’administration de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), en qualité de "représentant de l’Etat". La petite histoire : c'est Chantal Jouanno, ex-patronne de l'ADEME, qui a poussé à cette nomiation.

Philippe est un garçon pro et compétent : polytechnicien, ingénieur général des Ponts et chaussées, il était depuis avril dernier le directeur adjoint du cabinet du ministre Jean-Louis Borloo. Et auparavant, il a été pendant 4 ans directeur général de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Une fonction proche, qui touchait aussi aux questions environnementales... :-) Ca change.

mercredi 11 février 2009

Mon cahier de tendance 2009 : bio, beau, flashy, vivant, ... et soutenable ?

L'Entreprise nous sert un papier digne des plus grandes sagas : Consommation, marketing, vente : le cahier de tendances 2009, signé par Etienne Gless.

Ce papier commence en fanfare par le / la bio...

« Faire bio et beau à la fois

Fini le bio austère, tristounet, rabat-joie. « Aujourd'hui, nous proposons du vert plaisir jubilatoire. Les consommateurs veulent acheter du bio beau », assure Tristan Lecomte, le fondateur d'Alter Eco, leader du commerce équitable en France. Exit les couleurs sombres. Les packagings d'Alter Eco ont désormais adopté des couleurs flashy : rose, vert, jaune fluo... Et, pour faire saliver le consommateur, on ajoute la photo d'un morceau de chocolat ou de noix de cajou. Bio ne rime plus avec frugalité. Whole Foods, le numéro un des supermarchés bio aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, offre la profusion. Cher et ostentatoire. En France, la distribution bio sort aussi de son ghetto.

C'est à Chartres que Naturéo a ouvert, il y a un an, une surface de 1 000 m2. L'agence Malherbe Retail Design a retoqué le bois naturel pour le remplacer par des tons chauds aubergine, chocolat, olive. Les prix de Naturéo sont de 10 à 30 % supérieurs à ceux des magasins bio classiques. C'est bon, tant pis si c'est un peu chérot ! « La mode aussi se convertit au bio beau, note Jean-Marc Lorach, professeur de développement durable en troisième cycle. La marque Sobosibio donne le ton ! »

A côté des robes sacs en coton organique trônent sur les portants les robes bustiers d'Article 23 ou les robes du soir terriblement glamour de Céline Faizant. Stella McCartney, la fille de l'ex-Beatles, propose carrément du luxe éthique. A la tête d'une entreprise de 120 personnes, elle vient d'ouvrir une boutique ultrachic en France, sous les arcades du Palais-Royal. Ses vêtements (pelisses en mèche de laine, souliers en résine de bois) et ses produits cosmétiques aux senteurs 100 % naturelles incarnent la « Brit'touch ». Le bio beau ne serait-il pas en train de devenir une nouvelle forme de snobisme ? »

Merci Etienne pour ton papier qui valorise la bio, et qui est partiellement décalé voire dans la mauvaise direction : le développement durable, ca veut dire aussi une vie soutenable pour tous. Je cite "Bio ne rime plus avec frugalité", et plus loin "offre la profusion". C'est limite comme manière de présenter les choses, quand on parle d'économie écologique, pour ceux qui sont modernes ca n'a pas de sens.

Car oui la frugalité ca ne veut pas dire déplaisir :-)

Certes Stella fait des produits de luxe bio, c'est normal la nature a bien plus de valeur que les produits chimiques qu'on nous sert en pature.

Notons au passage que les textileurs n'ont pas attendu Etienne pour faire du bio, flashy et équitable, et à la mode. Notons au passage que certains socio-types chez les djeunz geeks les t-shirts de chez Ideo ont la cote (vous savez les 15-25 ans qui t'chatent sur MSN et par SMS tout le temps, qui jouent aux jeux vidéos, etc. ?).

Néanmoins, remercions Etienne de signer ce papier pour valoriser ce secteur qui en a tellement besoin :-)

Et apportons un peu d'eau au moulin des lecteurs qui passent par ici, citons en vrac :

- Biocoop, 1er réseau de magasin bios en France (plus de 300 magasins), qui travaille vraiment avec une approche durable, équitable, solidaire, écologique, coopérative, transparente et socialement responsable. 

- Mademoiselle Bio, une jeune entreprise, qui pousse bien, et qui fait des cosmétiques haut de gamme sélectionnés sur le volet et à des prix réfléchis, services experts à la clé sans suppléments !

- Nature et Découvertes, très connus maintenant, grande chaîne spécialisée, qui a lancé sur le tôt l'application du développement durable dans ses surfaces de vente.

- l'utilisation des vélos-fusées (merci Christophe), concept simple : un vélo citadin équipé d'un moteur boosté avec une grosse batterie, une splendide autonomie en ville à une vitesse de fusée, recharger la batterie avec un panneau solaire, et hop c'est parti pour la route hype-tendance-facile (merci JC Decaux avec Velib and co).

Et vous ? Vous avez des exemples ? Des envies ? Des avis ?

- page 1 de 5