Mike Metz - écologie, agroécologie, permaculture, fermes urbaines

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Entrepreneur social et écologique

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lundi 17 janvier 2011

Germinaissances - acte 1

En 1996 : premier virage avec des associations du Val de Marne et des Hauts de Seine. Aux heures où certains finissaient les cours, j'étais déjà ailleurs, à construire les plans d'actions locaux d'associations qui faisaient vraiment dans le travail social.

Quelques 14 années plus tard, entre les contrats courts et les clients qui ont eu le temps de réfléchir, j'ai aussi parcouru le chemin utile pour arriver à un changement personnel de fond.

Tada ! Nous voici donc arrivés à la création de Germinaissances, un ovni qui propose des produits réellement porteurs de vie et de sens, au service des sociétés humaines. Ouh là ! Rien que ça ? Oui, pour l'instant je vais l'écrire comme cela. Si je dois corriger, ça sera fait ici.



Quelques mots-clés pour définir ce qu'est Germinaissances, et afin de reprendre et compléter ce que j'avais publié rapidement sur le fil Twitter de Germinaissances :
  • transparence et engagement,
  • liberté et ouverture,
  • semences et graines,
  • agro-écologie,
  • jardinage en ville, tissu social,
  • sobriété joyeuse et simplicité volontaire,
  • local et utile,
  • accessible et facile,
  • bas-prix, anti-conso,
  • durable, no-impact,
  • très bas carbone,
  • post-pétrole,
  • nouvelle civilisation. Ouf.

Laurence (Aboneobio) a très gentiment publié sur son blog une interview (longue et détaillée, c'est important pour comprendre), je ne vais donc pas revenir dessus.

Et où cela nous mène-t-il ?

A des produits qui sont chargés d'énergie et de vie, et qui savent embellir le quotidien, aussi bien qu'à vous nourrir ! Puisqu'on trouve au catalogue (en évolution permanente, comme son écosystème) : des variétés ornementales, des espèces potagères, des plantes médicinales et aromatiques, des fleurs sauvages, des couleurs riches et exotiques, des arbustes et arbres tropicaux.

Je fais des photos des motifs à graines qui ont déjà germés avec la lumière de plus en plus belle de cette nouvelle année, et vous montre tout ça très vite !

Si vous avez envie de décorer votre intérieur, et que la dimension végétale vous parle, pensez à faire un tour sur http://www.germinaissances.com !

samedi 1 janvier 2011

Nouvelle année, nouveaux horizons ?

2010 a été une année riche d'événements. Je ne vais pas m'étendre sur l'intime, même si un 3e lutin est arrivé dans la famille, et c'est très bien.

Côté environnement, 2010 a été l'année de la biodiversité. Année décrétée par l'ONU. Youpi !

Je vais me livrer une fois n'est pas coutume à un exercice délicat : lier biodiversité et économie.

Soulignons donc au passage quelques anecdotes dont les médias de masse se sont peu gargarisés, et qui montrent l'importance économique que la biodiversité représente désormais. Le tout en quelques questions sans réelles réponses transparentes et simples.

L'ile se refait une beauté ?

Sur l'Ile Maurice tout d'abord, 50% des coraux ont disparu à cause du changement climatique. Des équipes scientifiques ont donc décidé de créer une barrière de récif artificielle, à base de coraux cultivés en bassins. Quid de la conservation d'une large biodiversité sur ces barrières de corail si seules quelques espèces cultivées sont réimplantées dans l'océan ? Rien ne semble évident. En trame de fond se présente cependant un enjeu important : conserver les flux de touristes. A hauteur d'1 milliard d'euro par an, le tourisme est la première source monétaire entrante sur Maurice.

Sans les coraux, les plages risquent d'être moins fréquentées ?

Pour 700 dollars de plus 

Dans les mers et océans chaudes ensuite. Le requin représente une mane financière gigantesque. A 700 dollars US le kilo d'aileron de requin, la pêche du requin devient folle. Or à force de pêcher de multiples espèces de requins, il s'avère que nombre d'entre elles sont en train de disparaître. Souvenez-vous que certains requins comme le grand requin blanc sont en bout de chaine alimentaire. S'ils disparaissent, quel sera alors le déséquilibre créé dans les océans ?


Vie 10 milliards, guerre 2000 : cherchez l'erreur 

Au Mozambique, une expédition botanique dont Pro-Natura a fait partie, s'est fixée comme objectifs de découvrir de nouvelles espèces (pas une ou deux, non ! plutôt quelques centaines de milliers). Financièrement, l'inventaire de la biodiversité n'intéresse personne. Avec moins de 10 milliards de dollars pour financer tous les travaux des scientifiques au niveau mondial, on est très loin des "investissements" que représentent les 2000 milliards de dollars US de la guerre en Irak.

Posons une question simple et naïve : qu'est-ce qui est le plus important, le pétrole ou la vie ?


Afrique du Sud : de l'énergie à n'importe quel prix 

Toujours dans des zones chaudes, enfin. En Afrique du Sud des officiels bien intentionnés ont décidé de faire disparaitre toutes les espèces et variétés vivantes qui ne sont pas locales. Et ca a commencé dès 2009. Pourquoi ?

Le "directeur" de cette guerre écologique dénommée "Buffelsjagt" répond que les arbres australiens implantés là pompent toute l'eau des rivières. Je vais jouer mon sale gosse de service : pourquoi ? C'est mal que les arbres se nourrissent d'eau ? Et là on n'obtient pas de réponse... Evidemment. Les adultes parlent de sujets sérieux, entre eux, et ne répondent pas aux nième "pourquoi ?" des gamins. Alors le sale gosse cherche et trouve des réponses tout seul, comme d'habitude.

Si ces géants australiens pompent autant d'eau, c'est parce qu'ils ont soif. Ce sont certainement des eucalyptus. Un eucalyptus peut pomper 800 litres d'eau par jour tout seul comme un grand (oui il y a des eucalyptus qui font jusqu'à 100 ou 150 mètres de haut). Ouh la la, c'est pas bien de boire autant. Alors on coupe... Pourquoi ? Ca fait des dizaines d'années qu'ils sont là, et personne jusqu'à maintenant en disait du mal.

Oui, et c'est sans compter sur l'intérêt économique de la chose. Les eucalyptus boivent l'eau de la rivière. Je remonte donc la rivière depuis Johannesburg (ca marche aussi depuis Pretoria) : on trouve la Crocodile River d'un côté (c'est beau comme nom, on se croirait dans Crocodile Dundee), et la Mokolo River de l'autre. Et alors ? Alors rien. Ce sont des rivières qui coulent tranquillement, alimentées par la Limpopo River depuis le Botswana. Ah oui au fait au passage Buffelsjagt c'est le nom d'une région au nord de l'Afrique du Sud, à la frontière avec le Botswana.

Alors pourquoi on coupe ? Les officiels affirment que les arbres pompent les nappes phréatiques. Ah ? Je pensais que les arbres s'alimentaient surtout avec l'eau de la vadose. Bon passons ce "détail de l'histoire racontée par des décideurs".

Je vais vous répondre simplement à cette question : si vous regardez la carte entre la Crocodile River et la Mokolo River on voit quoi ? De la forêt ? Oui. Et puis ? Une vieille centrale à charbon et une nouvelle centrale nucléaire aussi. Alors pour protéger les intérêts économiques, on coupe. En septembre 2010, on comptait déjà 800.000 hectares "traités" (Round Up inclus pour décimer les forêts). Ah oui, au fait, j'allais oublier : ces rivières là coulent en amont des grandes villes. CQFD.

Donc on coupe les arbres parce qu'on installe des centrales énergétiques ? Ou bien ? C'est pas moi qui le dit, ce sont les rapports de Eskom -l'équivalent d'EDF en Afrique du Sud-. A lire dans le communiqué du 9 avril 2010 d'Eskom (qui construit des pipelines pour pomper l'eau !), et dans les documents de travail du Ministère de l'eau sud africain à consulter notamment ici.

Selon les organisateurs de cette guerre écologique, c'est pour le bien des habitants. J'en doute un peu. Personnellement, de l'eau au goût du Round Up, j'aimerai pas trop en boire. Quand écologie rime avec protectionnisme économique, on n'est plus très loin de l'eugénisme ... :-s

Construire mieux avec moins

Avec ces quelques pratiques humaines loin des gros projecteurs, finalement, ca m'a encore fait plus réfléchir sur mes choix de vie, et sur ce que je devais en conclure pour la suite de mes activités.

Finalement, 2010 aura été une période utile et riche d'enseignements. Je vais citer dans le désordre :

  • le Réseau Environnement Santé a montré les liens directs entre l'état de l'environnement et l'état de santé chez l'humain.
  • Pierre Rabhi qui est un pyasan-philosophe qui m'inspire énormément depuis de nombreuses années, par son engagement clair pour une terre protégée et vivante, au service d'une sobriété joyeuse. Sous l'enseigne du Mouvement pour la Terre et l'Humanisme et des organisations soeurs, ca n'est pas un retour à la terre qui est prôné, plutôt une évolution logique vers des pratiques agro-écologiques.
  • les fondations comme Goodplanet, la Fondation de France ou la fondation Suez pour l'environnement sont utiles, cependant elles n'apportent pas de réponses à court terme pour celles et ceux de nos concitoyens qui survivent à cause des crises sociales et environnementales. Que leur reste-t-il pour tenter de vivre dignement : les AMAP, les Restos du Coeur... ?
  • A propos des hiérarchies, des modèles dominants-dominés, et des fédérations et organisations d'aides publiques. J'en ai fais de belles expériences, sans pour autant être convaincu qu'après le dernier krach boursier en date, et après le Grenelle de l'Environnement, des pratiques et du sens aient pris corps dans les grandes organisations.
  • Des bouleversements personnels, en lien avec l'intro de ce post et avec le Réseau Environnement Santé.
Des ces différentes trames, qu'en conclure ? Pour ma part, un point de convergence évident : la terre. De là à proposer une aide et une manière de rentrer en agro-écologie tout en douceur, il n'y avait qu'un pas à franchir.
Et en regardant l'Humain sur Terre, on admire très bien tout le travail réalisé depuis quelques dizaines d'années par les décideurs, afin de densifier les villes et industrialiser les sociétés humaines.
Dans ce contexte un peu fou et insensible, doit-on rester les bras croisés ?

En 2008, l'une des séances de coaching écolo* d'un client l'avait mené à conclure : " (...) quand je vois que les gens crèvent la dalle alors qu'on peut manger facilement en ville sain et local, ça me rend dingue (...) ".

Evidemment, je me suis souvenu et de ce client, et de ce qu'il est devenu depuis, et au final de ce que j'en fais aujourd'hui :
de l'agro-écologie urbaine accessible.
Le premier pas de cette voie agro-écologique urbaine passera donc par :
  • l'animation d'un réseau ouvert dénommé simplement Jardins Urbains,
  • une activité marchande à but pédagogique appelée Germinaissances.
J'en vais être à reparler de ces 2 là très prochainement.

* (spéciale dédicace à Damien, si tu passes par ici :-)

Sources :

  • France 24
  • Wikipedia
  • Eskom.co.za
  • Dwa.gov.za
  • Mondialisation.ca