Quand on parle développement d'activité, il arrive souvent, voire même quasiment systématiquement, que l'on parle business model et business plan. Très grossièrement, cela permet de définir ce qu'on fait et combien de ressources financières l'activité pourrait permettre de dégager.

Cependant, dans ce modèle de vertu économique, combien d'entrepreneurs, de créateurs, d'entreprises, d'institutions, oublient les aspects sociaux et environnementaux dans cette modélisation ?

80, 90, 95% ?

Si l'on se place du côté des investisseurs, des financeurs, des business angels, des banquiers, seul -a priori- l'aspect financier compte.

Du point de vue de l'équilibre sur le long terme de l'activité, il convient de voir les flux de ressources humaines, autrement dit qui et comment travailleront les personnes au sein de l'organisation, et les flux de matières, c'est à dire matières premières, coûts énergétiques, etc., et c'est là notamment une part de l'aspect environnemental.

Donc, si l'on veut se projeter durablement dans une activité qui permette de créer de l'emploi, et faire en sorte que les coûts cachés soient au moins partiellement pris en compte, il est nécessaire de comptabiliser les coûts sociaux et environnementaux, et les impacts lorsqu'il ne s'agit pas des coûts facilement quantifiables.

Avec la prise en compte des trois fameux piliers du développement durable -économie, écologie et social- on en vient à s'approcher d'une modélisation plus réaliste de l'activité d'une entreprise (ou d'une association).

Nous obtenons donc une première matrice de 6 critères :

- quantifiables : social, environnemental et économique

- qualifiables : social, environnemental et économique

La première partie de l'exercice est donc de lister, puis d'ordonner, les critères dont on ne parle pas dans un éco-business model ou un éco-business plan, et les coûts cachés de l'activité.

Partons d'un exemple, histoire d'avoir une approche pédagogique et maieutique.

Un salarié démissionne (ca vous rappelle quelque chose ?). Combien ca coûte ?

Humainement, c'est nécessairement une perte (temporaire le plus souvent). S'il s'agit d'une personne avec un profil sénior : c'est une perte d'autant plus importante qu'elle part avec des compétences, de l'expérience, voire qu'elle implique une désorganisation s'il s'agit d'un manager -entre autre critères-

Il faut rechercher quelqu'un pour le ou la remplacer, réorganiser le travail des collaborateurs en fonction de cette hypothèse nouvelle, répartir les tâches autant que faire se peut auprès de tiers, etc.

Prenons en compte le temps que tout ceci prend sur le temps de travail théorique d'une journée, d'une semaine ou d'un mois... Vous voyez où cela nous mène ?

A l'arrivée du ou de la remplaçant(e), il faut intégrer, initier, expliquer, former, aux habitudes, process et autres méthodes plus ou moins spécifiques de l'organisation : du temps, des compétences, une organisation spécifique à mettre en place.

Si la personne démissionnaire était manager, son (sa) remplaçant(e) doit apprendre à connaître la nouvelle équipe, les projets en cours, etc. : il y a un rythme à reprendre pour arriver à un niveau similaire à l'ancien manager.

Vous avez compté tout cela dans les "pertes", ou tout du moins dans la baisse de production de l'entreprise ? Non ? Dommage... :-)

Autre exemple plus positif cette fois ci : les plantes en entreprise.

Outre le fait qu'elles décorent, elles permettent surtout d'avoir un air sain. Une dizaine de plantes permettent de filtrer l'air de votre bureau, de votre maison, de la cave, de la cuisine... Bref, si vous habitez ou travaillez dans une zone polluée, et qu'il n'y est pas évident de dépolluer, la solution peut sans doute arriver par les plantes. Attention : toutes ne le font pas.

Le gain ? Une meilleure santé pour les salariés, un certain "gain de productivité" pour les "travailleurs d'usine", en tous cas un mieux être certain, sur lequel il faut informer en interne, et communiquer en externe.

Les plantes qui filtrent l'air et dépolluent sont présentés un peu partout sur le web. On en parle notamment sur :

http://www.unhomme.fr/page-al-plante_anti_pollution.html

le classique Wikipédia : http://fr.ekopedia.org/D%C3%A9pollution_de_l%27air_par_les_plantes

http://www.actualites-news-environnement.com/15850-plantes-depolluer-air-interieur-habitat.html

http://lepetitmondedaudrey.alloforum.com/plantes-pour-depolluer-maison-i6268.html

http://espace.canoe.ca/Viridis/blog/view/38591

En conclusion, je pense publier d'ici quelques semaines une grille d'éco-business plan, avec comparatif d'un BP classique sans prise en compte des aspects sociaux, sociétaux, culturels et environnementaux.

Des éléments à ajouter ?