Mike Metz - Développement durable et marketing éthique

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marketing éthique

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jeudi 3 juillet 2008

on avance, à bicyclette, sur la voie des événements durables

CB News nous sert aujourd’hui deux news majeures, alors que c’est le début de l’été et que - d’habitude – tout le monde s’en fout des thèmes écolos… :-)

 

Le vrai virage – à vélo – est enfin pris vers des actions responsables et écologiques… Etonnant pour une discipline finalement moins énergivore que la Forumule 1 d’avoir mis autant de temps pour agir de manière éco-responsable… Regardez ce qui se fait en Allemagne ou aux Pays-Bas depuis 20 à 30 ans : autant de monde à vélo, peu avancent aujourd'hui dans les pays nordiques les arguments écolos du vélo, tellement c'est une évidence.

Bravo à cet acteur de compenser carbone, c'est une première étape (sur le plat). A quand la compensation/anticipation carbone globale de Bouygues Telecom sur toutes leurs activités, pour une étape de petite montagne, et surtout à quand les vraies actions écolos transparentes chez cet opérateur (grande montagne, cette étape) ??

 

Bouygues Telecom sponsor éco responsable

Partenaire de l'équipe cycliste éponyme engagée sur le Tour de France 2008, Bouygues Telecom a décidé de compenser les émissions de CO² liées à sa participation à la compétition par le biais d'un partenariat avec EcoAct à travers lequel il participera au financement d'un projet de fermes Biogaz située au Brésil.

 

 

vendredi 4 avril 2008

Design de produits et services durables : tu fais quoi en juin 2008 ??

En juin 2008 se tiendra un gentil événement bien sympa : Green by Design 2008.


Sobrement sous-titré "strategies, tools and markets for product innovation", ce joli événement nous propose de réunir quelques think tank ès design durable, de secouer le tout, et de voir quel mixture il va sortir, afin qu'on puisse la boire avec délice aux beaux jours venus.


Si on y regarde de plus près, nous pourrons rencontrer lors de ce splendide événement auquel je n'irai pas joyeusement baguenauder :

- Procter & Gamble (vendeur multi-marques de produits chimiques)

- 3M (l'autre inventeur du papier recollable, plus fort que Venilia)

- Nike (marque de chaussures sous-traitées en Asie du sud-est du Sud)

- Wall Mart (grand épicier généraliste aux volumes de ventes d'une humilité à toute épreuve)

- Xerox (si si, souvenez vous, ceux qui se sont fait voler leur idée d'interface graphique par la marque à la Pomme, elle même s'étant faite croquer par un étudiant à lunettes devenu multi-milliardaire)

- BASF (grand chimiquier d'origine allemande vendeur de cassettes vidéos multicolores de rêve)

- DuPont (autre grand chimiquier de synthèse, inventeur du bas à résille sensuellement érotique)

- General Electric (commerçant de quartier, revendeur de voitures d'occasion, car "acheter chez GE une voiture, c'est une véritable occasion d'acheter une belle voiture")

etc.


Bref tout ce beau monde réunit en ce sacro-saint mois de juin, où les papillons batifolent gaiement dans les champs, où les oiseaux rayonnants de beauté nous content leurs histoires et s'envolent dans un air chaud et sec qui annonce le début de l'été, où les grands-mères provencales étendent leur linge en bordure de la maisonnette, et ramassent quelques fleurs délicatement pour les faire sécher et embaumer l'air de la maisonnée... ah ....

et pendant ce temps-là, nos chères grosses têtes blondes expertes en Développement Durable vont nous servir un colloque en veux-tu en voilà, avec show à l'américaine, petits fours (bios et équitables j'espère ?), programme millimétré et tendu comme un ... tronc de peuplier italien vers le ciel, bref : que du bonheur.


Or donc, après ces quelques lignes de diatribes saugrenues, qu'attendre d'un tel programme, où après une première lecture désabusée, j'y suis revenu, et ai cherché -en vain- un expert issu du secteur public, voire ô comble d'infamie, un expert de la société civile ? Quoi ? Pas un seul expert en business vert ? ni au sein d'une grosse agence gouvernementale, ni dans une PME verte et high-tech de Californie, ni même le gouverneur vert et musclé de Californie ? nobody qui viendrait de chez Greenpeace et passerait la tête en disant : "hey guys and dolls, i'been told u needa lotta peace. Dat's rite, we're gonna be quite cool na, 'n i wanna be dere to have good vibes speech together". Non rien de rien, non ... Piaf n'aurait pas chanté ca je crois.


Alors, si on fait que dans le "mainstream", quelle place donner aux inventeurs géniaux qui font du vert et local, industrialisable et équitable, coopératif et reversant une part utile à des oeuvres et autres 'foundations' ?

Réponse : aucune place ? si si, noyé au milieu de la masse, j'ai vu des pedigrees verts de jeunes qui ont monté leur start-up. Mais entre les start-up et les brick and mortar, il y a aussi toutes ces business entities qui emploient bien, qui paient bien, qui vendent bien, qui vivent bien, qui font économiser des ressources à leur client.


c'est un big business meeting, avec un site web baclé par un stagiaire en première année ?

Non, c'est un event américain, où il ne faut surtout pas s'arrêter à la première impression, tout lire, pour s'apercevoir que c'est un bien événement finalement, avec plein d'idées à grappiller.



Qui m'offre le séjour pour aller faire un séjour de veille là-bas avec un comparse tout aussi green et english-speaking dans le texte que moi ?

mardi 29 janvier 2008

e-marketing social, solidaire et durable : réflexions autour de 2008

Maitre Antoine V., sur son arbre perché, célèbre parmi les célèbres en matière de fundraising, et La Fontaine de Pierre, nous signent une série de posts directs et détaillés sur la vie et les tendances de la philantropie pour 2008.

 S'il est utile de rappeler que la collecte de fonds est fragile en France, comme le montre là encore l'analyse faite dans le cas du Téléthon 2007, on peut aussi souligner que la e-philantropie, dont Ted Hart et bien d'autres dont moi-même, avons parlé dès 2004, est en train de prendre son envol en France.
 
Antoine (et d'autres) utilise le Téléthon comme un marqueur, un indicateur de la générosité en France. Et je pense qu'il a raison. Si le Téléthon se porte bien, alors la générosité va bien, et réciproquement.
Aussi, sans m'étendre, je dirai même que 2007 aura sans doute été une année qui amorce le vrai virage de la e-générosité. Jusque là, nous avions pu voir que le Tsunami, vrai phénomène de société en occident, par la prise de conscience sous-jacente réalisée, était une révélation : celle d'une générosité sans précédent, bien que la distance soit jusque là, comme on le sait trop souvent, une limite à collecter des fonds. Pour la première fois, fin 2004 et en 2005, jamais les ONG et associations n'avaient pu collecter autant de fonds en si peu de temps.
 
Je crois, pour celles et ceux qui suivent attentivement la vie associative française, que la e-collecte 2007 montrera dans quelques mois que c'est LA révélation de l'année, et que toutes les associations et ONG vont s'engouffrer (mieux vaut tard, comme dit l'adage) dans la e-collecte et la e-générosité, comme d'autres l'ont fait par le passé dans le MD ou le street-marketing.

Attention cependant !
Au coeur de ces "nouveaux" médias (je dis "nouveaux" car cela ne fait "que" plus de 10 ans que ca existe et fonctionne... :-) il y aura évidemment le e-don, mais aussi la cyber-mobilisation, les réseaux sociaux qui vont prendre une place importante, et bien entendu les traditionnelles (maintenant) régies publicitaires et autres acteurs dominants comme MSN, Google et Yahoo. Ca, et plus encore, ca ne fait pas de tours de magie. Si je conçoit et réalise un site Internet avec un formulaire de don bien ficelé, ca ne suffira jamais pour collecter 10 millions d'euros par an. Il faut surtout SE FAIRE CONNAITRE.
 
 Je me souviens d'une conversation soutenue mi-2007, où une personne en charge du marketing d'une grande association du domaine de la santé me disait : "un ROI de 1:20, mais c'est impossible sur un e-mailing, tout le monde me dit que le e-mailing ca marche pas...". Fin décembre, un vague e-mailing de fidélisation rapidement ficelé a atteint mollement un ROI de 1:6   :-D
 
Donc, c'est possible de collecter et fidéliser en ligne à moindre coût ?
 
 oui, d'autant qu'on ne parle ici que d'une expérience bien isolée, "pour voir comment ca marche et ce que ca rapporte".
 
 Ah ! Au fait : ROI ca veut dire "retour sur investissement", un indicateur de plus qui nous vient tout droit du secteur marchand, et qui se traduit par "pour un euro investi, ca me rapporte x euros". Pragmatique, direct, lisible le ROI, n'est-ce pas ?
 
 Alors, bien sur, toutes les opérations ne marchent pas comme on le voudrait ou comme on pourrait se projeter dedans. On monte une opération à x milliers d'euros, on se met à rêver qu'elle va rapporter en one-shot en 2 semaines trois, cinq ou dix fois la mise. On n'est pas au casino là. Evidemment, il ne faut pas confondre naïvement la poule aux oeufs d'or et les médias numériques. L'eldorado du fundraising n'existe pas. Ceci dit, on peut construire avec pragmatisme, cohérence et humilité, un plan de marketing social efficace, en travaillant l'orchestration et la coordination des instruments les uns avec les autres. Faire du développement des ressources, dans le tiers-secteur, peut revenir par certains aspects, à assurer le rôle d'un chef d'orchestre.
 Collecter en ligne pour une cause, développer une activité associative sur le web ou avec la téléphonie mobile, c'est maîtriser chacun des outils finement. Et pour cela, il faut investir du temps pour comprendre puis pour appliquer ces recettes, qui ne feront jamais de miracles, mais qui vous permettront, nous permettront, de piocher moins dans les finances pour aller chercher plus de fonds.
 

mercredi 14 novembre 2007

le marketing perso est-il éthique ?

Sur un sujet lancé à l'instant par le R. de service, "le marketing perso" est-il éthique ?


Essayons de creuser cette question et de lui trouver une application concrète.

Qu'est ce que l'éthique appliquée au marketing perso, et dans mon cas précis, aux causes et sujets d'intérêt général ?


R. dit "ce qui me gène, c'est la mise en scène dans cette histoire" en parlant de la mise en scène générale, à grands coups de faste, de fêtes pseudo-VIP, de soirées entre influenceurs parisiens, etc. ?

Il est vrai que "marketing perso" tendrait à faire penser qu'on ne vend plus un produit ou un service, mais qu'on se vend soi-même, on vend un concept au service d'un ego, peut-être ? ou bien on diffuse une image autour de son propre nom au service d'un business ?

Si le dit business est d'intérêt général, que peut-on alors observer comme remarques négatives ? Qu'on en fait trop ? Qu'il est de mauvais aloi d'associer sa propre image et celle de valeurs qu'on considère comme justes ?


Et après tout, loin de moi toute position politique franco-française, si marketer son propre nom permet de faire avancer des sujets d'intérêt général, de faire avancer positivement la société, ou un groupe, se mettre en avant pour donner aux autres, n'est ce pas finalement salvateur ?


R. dit encore "je trouve que l'exploitation de soi-même presque comme une marque, c'est frauduleux intellectuellement parlant et meme dangereux pour soi puisque ça conduit à une sorte d'enfermement (ndlr : pour/par ?) le règne de l'image"


MMMh... c'est vrai, c'est un risque d'enfermement ce "marketing perso", et en meme temps si on est au clair avec tout ca, je veux dire par là si on est au clair dans sa propre conscience des actes et de son engagement pour les autres, alors n'est ce pas alors plutot une ouverture ?