En juin 2008 se tiendra un gentil événement bien sympa : Green by Design 2008.

Sobrement sous-titré "strategies, tools and markets for product innovation",
ce joli événement nous propose de réunir quelques think tank ès design durable,
de secouer le tout, et de voir quel mixture il va sortir, afin qu'on puisse la
boire avec délice aux beaux jours venus.
Si on y regarde de plus près, nous pourrons rencontrer lors de ce splendide
événement auquel je n'irai pas joyeusement baguenauder :
- Procter & Gamble (vendeur multi-marques de produits chimiques)
- 3M (l'autre inventeur du papier recollable, plus fort que Venilia)
- Nike (marque de chaussures sous-traitées en Asie du sud-est du Sud)
- Wall Mart (grand épicier généraliste aux volumes de ventes d'une humilité
à toute épreuve)
- Xerox (si si, souvenez vous, ceux qui se sont fait voler leur idée
d'interface graphique par la marque à la Pomme, elle même s'étant faite croquer
par un étudiant à lunettes devenu multi-milliardaire)
- BASF (grand chimiquier d'origine allemande vendeur de cassettes vidéos
multicolores de rêve)
- DuPont (autre grand chimiquier de synthèse, inventeur du bas à résille
sensuellement érotique)
- General Electric (commerçant de quartier, revendeur de voitures
d'occasion, car "acheter chez GE une voiture, c'est une véritable occasion
d'acheter une belle voiture")
etc.
Bref tout ce beau monde réunit en ce sacro-saint mois de juin, où les
papillons batifolent gaiement dans les champs, où les oiseaux rayonnants de
beauté nous content leurs histoires et s'envolent dans un air chaud et sec qui
annonce le début de l'été, où les grands-mères provencales étendent leur linge
en bordure de la maisonnette, et ramassent quelques fleurs délicatement pour
les faire sécher et embaumer l'air de la maisonnée... ah ....
et pendant ce temps-là, nos chères grosses têtes blondes expertes en
Développement Durable vont nous servir un colloque en veux-tu en voilà, avec
show à l'américaine, petits fours (bios et équitables j'espère ?), programme
millimétré et tendu comme un ... tronc de peuplier italien vers le ciel, bref :
que du bonheur.
Or donc, après ces quelques lignes de diatribes saugrenues, qu'attendre d'un
tel programme, où après une première lecture désabusée, j'y suis revenu, et ai
cherché -en vain- un expert issu du secteur public, voire ô comble d'infamie,
un expert de la société civile ? Quoi ? Pas un seul expert en business vert ?
ni au sein d'une grosse agence gouvernementale, ni dans une PME verte et
high-tech de Californie, ni même le gouverneur vert et musclé de Californie ?
nobody qui viendrait de chez Greenpeace et passerait la tête en disant : "hey
guys and dolls, i'been told u needa lotta peace. Dat's rite, we're gonna be
quite cool na, 'n i wanna be dere to have good vibes speech together". Non rien
de rien, non ... Piaf n'aurait pas chanté ca je crois.
Alors, si on fait que dans le "mainstream", quelle place donner aux
inventeurs géniaux qui font du vert et local, industrialisable et équitable,
coopératif et reversant une part utile à des oeuvres et autres 'foundations'
?
Réponse : aucune place ? si si, noyé au milieu de la masse, j'ai vu des
pedigrees verts de jeunes qui ont monté leur start-up. Mais entre les start-up
et les brick and mortar, il y a aussi toutes ces business entities qui
emploient bien, qui paient bien, qui vendent bien, qui vivent bien, qui font
économiser des ressources à leur client.
c'est un big business meeting, avec un site web baclé par un stagiaire en
première année ?
Non, c'est un event américain, où il ne faut surtout pas s'arrêter à la
première impression, tout lire, pour s'apercevoir que c'est un bien événement
finalement, avec plein d'idées à grappiller.
Qui m'offre le séjour pour aller faire un séjour de veille là-bas avec un
comparse tout aussi green et english-speaking dans le texte que moi ?