Chronique prospective imaginaire ? A vous de voir...
La cour
d'appel de Versailles a condamné hier
Libération -le journal, toute une symbolique- pour
"injure publique" à payer des amendes et
10000 euros de dommages et intérêts au juge Burgaud. Pour
mémoire -qui se perd elle aussi, une info chassant de la tête de nos
concitoyens une autre- il avait été comparé dans un article à un "criminel
nazi".
Libération
perd en appel contre Burgaud parce que Libération a été trop loin dans la
chronique d'actu, ou bien Libé perd parce que les sujets qui traitent des
vrais-faux « socialistes » teutons du milieu du 20e siècle sont
tabous ? Outre le fait -vérifiable- [clin d'oeil post-mortem à mon maître à
penser la liberté d'expression M. Desproges] que ces personnes du milieu du 20e
siècle n'aient pas été les plus beaux des humanistes, on pourrait reconnaître
malgré tout que Libération, en posant une chronique dure sur la papier, se fait
simplement bâillonner pour avoir soulevé un débat, autrement dit pour
« excès de démocratie participative »
? Libé, je pense que tu vas
trop loin, et que ton côté sociolo-in-love est pas apprécié des certaines
sphères influentes... 
Outre le
fait que cela repose la question de la liberté de la presse, voire à la liberté
d'expression, que dire du pouvoir de la justice ? En ces temps où les
politiques et influents français de tous bords aiment mélanger allègrement
pouvoirs et médias, vie privée et étalages publics, lobbys industriels
poussiéreux et intérêts ego-centrés, ce grand marché du tout n'importe quoi
semble nous emmener sur un cadre légal moins vivable, autrement dit moins
durable. Si à cela nous ajoutons la loi de protection ("anti-piratage") de
l'univers numérique qui se prépare en catimini depuis le printemps 2008 qui
vient de passer, qu'on pourrait appeler « DADVSI 2 », que
restera-t-il des terres de libertés si durement acquises depuis 200 ans en
France ?
Décidément,
on savait que l'intérêt des grands marchands dépassait largement celui des
citoyens, on commence à percevoir que l'intérêt des uns bien placés dans les
médias serait lui aussi plus important que l'intérêt de citoyens inconnus ? Ou
bien est-ce une simple vue de l'esprit, déformée par une couverture médiatique
partielle, à laquelle Libération participe -à la couverture médiatique, restant
à savoir si la dite couverture est elle-même "partielle" quand Libé nous
abreuve d'infos- ? Ouf. 
En ce cas,
si on cherche à jouer un peu :
- Libé parle
de Burgaud (vrai),
- Libé fait
grimper le score de notoriété de M. Burgaud (conséquence logique),
- Burgaud
trouverait que Libé (hypothèse), qui n'est pas payé par Burgaud, parce que
sinon c'est pas de l'info libre, c'est du marketing judiciaire, travaille mal.
On pourrait imaginer : "C'est pas ca que je voulais voir écrit" dit par le
sieur Burgaud (hypothèse),
- Burgaud,
pas content du tout, attaque Libé (vrai)
- Libé en parle (cf. archives de la presse...),
mais ca y est le mal est fait, Burgaud a plus de notoriété instantanée que
Libé, et comme tout le monde a depuis longtemps oublié l'histoire et le rôle
d'ouvreur de débats de Libé... (faites un sondage dans la rue pour vérifier qui
sait quand et pourquoi Libé a été créé)
- On parlerait alors déjà de "Burgaud contre
Libé : David contre Goliath", notant au passage que le gentil est cité en
premier (parce qu'on oublie aussi le milieu des phrases, on se souvient que du
début et de la fin, et parce que les gros sont souvent les méchants dans les
histoires qu'on nous raconte...)
- Voilà, c'est plié : Libé a perdu d'avance
(hypothèse vérifiable quand on traite d'un sujet en médias de masse). Serait-ce
le format même des news qui serait en cause ?
Je vous laisse apprécier les jeux d'hypothèses,
comme on est dans une chronique non journalistique, chacun est libre
d'apprécier le degré humoristique-sarcastique-cynique du sujet (cochez la case
qui vous plait).
En conclusion : quelle vie durable nous
proposera le couple justice-pouvoir dans quelques années ? A quand un remake de
1984 plus vrai que la fiction ?