Maitre Antoine V., sur son arbre perché, célèbre parmi les célèbres en matière de fundraising, et La Fontaine de Pierre, nous signent une série de posts directs et détaillés sur la vie et les tendances de la philantropie pour 2008.

 S'il est utile de rappeler que la collecte de fonds est fragile en France, comme le montre là encore l'analyse faite dans le cas du Téléthon 2007, on peut aussi souligner que la e-philantropie, dont Ted Hart et bien d'autres dont moi-même, avons parlé dès 2004, est en train de prendre son envol en France.
 
Antoine (et d'autres) utilise le Téléthon comme un marqueur, un indicateur de la générosité en France. Et je pense qu'il a raison. Si le Téléthon se porte bien, alors la générosité va bien, et réciproquement.
Aussi, sans m'étendre, je dirai même que 2007 aura sans doute été une année qui amorce le vrai virage de la e-générosité. Jusque là, nous avions pu voir que le Tsunami, vrai phénomène de société en occident, par la prise de conscience sous-jacente réalisée, était une révélation : celle d'une générosité sans précédent, bien que la distance soit jusque là, comme on le sait trop souvent, une limite à collecter des fonds. Pour la première fois, fin 2004 et en 2005, jamais les ONG et associations n'avaient pu collecter autant de fonds en si peu de temps.
 
Je crois, pour celles et ceux qui suivent attentivement la vie associative française, que la e-collecte 2007 montrera dans quelques mois que c'est LA révélation de l'année, et que toutes les associations et ONG vont s'engouffrer (mieux vaut tard, comme dit l'adage) dans la e-collecte et la e-générosité, comme d'autres l'ont fait par le passé dans le MD ou le street-marketing.

Attention cependant !
Au coeur de ces "nouveaux" médias (je dis "nouveaux" car cela ne fait "que" plus de 10 ans que ca existe et fonctionne... :-) il y aura évidemment le e-don, mais aussi la cyber-mobilisation, les réseaux sociaux qui vont prendre une place importante, et bien entendu les traditionnelles (maintenant) régies publicitaires et autres acteurs dominants comme MSN, Google et Yahoo. Ca, et plus encore, ca ne fait pas de tours de magie. Si je conçoit et réalise un site Internet avec un formulaire de don bien ficelé, ca ne suffira jamais pour collecter 10 millions d'euros par an. Il faut surtout SE FAIRE CONNAITRE.
 
 Je me souviens d'une conversation soutenue mi-2007, où une personne en charge du marketing d'une grande association du domaine de la santé me disait : "un ROI de 1:20, mais c'est impossible sur un e-mailing, tout le monde me dit que le e-mailing ca marche pas...". Fin décembre, un vague e-mailing de fidélisation rapidement ficelé a atteint mollement un ROI de 1:6   :-D
 
Donc, c'est possible de collecter et fidéliser en ligne à moindre coût ?
 
 oui, d'autant qu'on ne parle ici que d'une expérience bien isolée, "pour voir comment ca marche et ce que ca rapporte".
 
 Ah ! Au fait : ROI ca veut dire "retour sur investissement", un indicateur de plus qui nous vient tout droit du secteur marchand, et qui se traduit par "pour un euro investi, ca me rapporte x euros". Pragmatique, direct, lisible le ROI, n'est-ce pas ?
 
 Alors, bien sur, toutes les opérations ne marchent pas comme on le voudrait ou comme on pourrait se projeter dedans. On monte une opération à x milliers d'euros, on se met à rêver qu'elle va rapporter en one-shot en 2 semaines trois, cinq ou dix fois la mise. On n'est pas au casino là. Evidemment, il ne faut pas confondre naïvement la poule aux oeufs d'or et les médias numériques. L'eldorado du fundraising n'existe pas. Ceci dit, on peut construire avec pragmatisme, cohérence et humilité, un plan de marketing social efficace, en travaillant l'orchestration et la coordination des instruments les uns avec les autres. Faire du développement des ressources, dans le tiers-secteur, peut revenir par certains aspects, à assurer le rôle d'un chef d'orchestre.
 Collecter en ligne pour une cause, développer une activité associative sur le web ou avec la téléphonie mobile, c'est maîtriser chacun des outils finement. Et pour cela, il faut investir du temps pour comprendre puis pour appliquer ces recettes, qui ne feront jamais de miracles, mais qui vous permettront, nous permettront, de piocher moins dans les finances pour aller chercher plus de fonds.