Petit billet en mode commando pacifiste en réaction au comportements suicidaires de certaines ONG.

Je ne vise personne en particulier.


Petit rappel utile au passage : les cibles se souviennent mieux de la publicité après sa diffusion, plutôt qu'avant.
Pour un événement c'est pareil !!! Le plus gros de l'activité pour aller collecter des fonds, c'est rarement avant que ca se passe, sauf quand la réputation précède tellement l'événement que la promotion devient facultative.

Pour aller dans le sens de l'analogie de mauvais goût, les vendeurs de lessive n'ont pas besoin de faire de publicité pour vendre leur lessive -tout le monde a priori dans un Minority Report/1984/Brasil de bon goût achète sa lessive en GMS-, ils en ont besoin pour faire en sorte que leur produit sorte du lot au moment de l'acte d'achat.

Pour les ONG et associations, en occident, et auprès des populations Millenium et X, c'est différent. La tradition de la générosité judéo-chrétienne n'est pas aussi présente à l'esprit et dans les actes qu'avec les Silencieux, voire avec les Baby-boomers. Les Silencieux donnent parce que c'est ainsi, c'est normal, c'est la tradition, "nous avons été éduqués de la sorte et il ne saurait en être autrement". Les Baby-boomers sont une micro-génération de transition, parfois ils donnent, parfois pas, en fonction de leur imprégnation traditionnelle. Et tous les plus jeunes, X et Millenium ? Eux ont besoin qu'on leur prouve l'utilité du don, de l'engagement, sinon ils zappent. Ils ont grandit avec la télévision, ils ne donnent donc pas par générosité, ils donnent par proximité. La proximité avec les amis, les potes, la meute, meute qui a déjà donné à telle ou telle ONG "parce que c'est cool", "parce que le Sida ne passera pas par moi", "parce que nous sommes responsables de la trace que nous laissons sur cette planète".

Alors lorsque une association monte un événement pour gagner en visibilité, en notoriété, et in fine pour augmenter son développement des ressources -et sa collecte de fonds- il serait ridicule de penser que tout est fini à la minute qui suit le dit événement.

Est-ce que la lessive est vendue lorsque l'écran publicitaire est fini en TV ? Non, elle est vendue en rayon lorsque la marque Z revient à l'esprit du chaland au moment de l'acte d'achat.

Pour le donateur c'est sensiblement identique : le citoyen lambda donne lorsque l'effet mémoire de telle ou telle ONG est encore prégnant, c'est à dire juste après la masse publicitaire. En pub, on pourrait aussi résumer cela sous l'intitulé (encore) de la "longue traine". Longue traine = 80% de collecte en 20% de temps, parfois plus en moins de temps en cas de collecte de fonds associé à un gros événement TV, et le reste de la collecte en 1 à 3 semaines après le gros événement. Lorsque l'événement est un déclencheur de bouche à oreille, avec effet boule de neige orchestré et anticipé, cela s'appelle une opération réussie, sinon c'est un one-shot, qu'on retentera éventuellement chaque année, parce que si cela a marché une fois, alors pourquoi ne pas ré-essayer ??

Oui la mariée est belle, et elle est encore plus remarquable lorsqu'elle entre dans le lieu de cérémonie avec sa traine. Et ce dont tout le monde se souviendra c'est de sa traine, pas forcément de la broche diamants montée sur or 24 carats vue par les plus proches...

Je vous laisse à ces réflexions.

edit : la suite qui traitera de propositions de recettes pour contrebalancer les situations de crises (financière, environnement, alimentaire...) sera publiée dans quelques jours.